Après trois ans de travaux, la Faculté libre de théologie protestante de Paris s’ouvre au public pour trois jours de visites, de réception et de fête du 27 au 29 mai, dans les bâtiments rénovés, modernisés et agrandis pour abriter le Fonds Ricœur
Le jeudi 27 sera le moment officiel avec la visite, l’après-midi, du président Sarkozy, du maire de Paris et du président de la Région Ile-de-France. Ce sera la première fois qu’un président de la République entre dans la Faculté : l’inauguration le 1er novembre 1877, avait été présidée par Jules Ferry, futur ministre de l’Éducation, qui avait soutenu le projet de construction afin de pourvoir à la formation des pasteurs après la perte de la Faculté de Strasbourg. Créée pour les étudiants luthériens et réformés, la Faculté avait d’abord fait partie de la Sorbonne ; séparée de l’État en 1905, son entretien fut dès lors soutenu par les deux Églises dont elle forme les cadres. Depuis 1972, elle constitue, avec la Faculté de théologie de Montpellier, l’Institut protestant de théologie.
Discours et conférences
On attend donc, ce jeudi, un discours du président de la République, reconnaissance du « lien symbolique qui lie l’État à la Faculté », dit le doyen Raphaël Picon. Le lendemain vendredi, verra la remise de doctorats honoris causa à sept théologiens et chercheurs : cela ne s’est pas fait depuis 1987 et c’est une occasion d’exprimer la reconnaissance universitaire dans différents domaines de la théologie. À partir de 9h30, chacun des « docteurs » donnera une conférence d’une demi-heure après dix minutes de présentation. Il y aura Mary Mikhael, du Near East School of Theology, Beyrouth ; Stanley Cavell, professeur de philosophie à l’Université de Harvard, le seul à ne pas être présent ; Ulrich Körtner, de la Faculté de Vienne. À partir de 14h, ce seront James Cone, pour l’Union Theological Seminary de New York ; André Encrevé, professeur d’histoire à l’Université de Paris-Est Créteil ; Jean Zumstein, professeur de Nouveau Testament à la Faculté de Zürich, et Yasuhiko Sugimura, professeur de
philosophie à l’Université de Kyoto. Un cocktail terminera cette journée universitaire.
Découverte et reconnaissance
Tel est le thème du samedi 29, ouvert au public dès 14h30. Il y aura des stands sur les études de théologie, le Défap et la mission, des librairies, des vidéos en continu, quatre conférences de vingt minutes par les professeurs de la Faculté et la visite des bâtiments rénovés. Tout ce qu’il faut pour éclairer les débuts de vocation, ou les susciter. À 18h, un culte sera présidé par le professeur Jacques-Noël Pérès, suivi d’un buffet dans les jardins et d’un concert donné par d’anciens et actuels étudiants (luth, gospel, techno).
Le bâtiment principal a été remanié de l’intérieur pour le confort des sept professeurs, chacun ayant maintenant son bureau, et des étudiants qui ont treize studios équipés à leur disposition (au lieu de quarante chambres). L’amphithéâtre a été agrandi sur le couloir pour gagner des places.
Le Fonds Ricœur
Les travaux ont duré trois ans. « Cela s’est plutôt bien passé, estime Raphaël Picon, on a réussi à boucler le budget ». Les donateurs ont été nombreux : Églises, institutions, fondations et beaucoup de donateurs privés, qui ont montré leur attachement à la Faculté libre.
Le Fonds Ricœur comprend la bibliothèque de 12 000 ouvrages et beaucoup d’inédits du philosophe, consultables seulement sur place : ses livres annotés, sa correspondance et beaucoup de cours et de textes non publiés. Paul Ricœur étant plus étudié à l’étranger qu’en France, on s’attend à beaucoup de consultations.
Pour l’heure, la Faculté a déjà deux cent dix étudiants inscrits et autant pour les cours d’initiation du samedi toute la journée. La Communauté d’Églises d’expressions africaines en France (CEAF) a demandé trois sessions d’une semaine, en septembre, janvier et juin, ainsi que des cours d’hébreu et de grec. La Faculté reflète ainsi la diversité des composantes du protestantisme. Élisabeth Hausser