À la suite de la série de rencontres par Secteurs des trésoriers et présidents des Conseils presbytéraux en janvier dernier, Christian Voitellier, le trésorier régional, présente pour les lecteurs de Paroles protestantes l’organisation et la répartition financière de l’ERF
Les moyens financiers de l’Église réformée de France (ERF) trouvent leur source dans les dons et cotisations des paroissiens des Églises locales qui s’élèvent à 25 millions d’euros.
Une vie autour de l’annonce
470 Églises locales (loi 1905) sont rattachées à une des huit Régions et rassemblées au sein d’une Union nationale des associations cultuelles de l’ERF.
350 pasteurs sont en fonction, dont 320 mis à la disposition des Églises locales. Après une formation de cinq ans à l’Institut protestant de Théologie, ils sont inscrits au rôle des ministres après avis de la Commission des ministères.
La responsabilité de l’Église est aussi la prise en charge, la coordination d’activités et d’actions communes permettant à l’ERF d’être présente théologiquement dans la Cité : formation, catéchèse, aumôneries, évangélisation, œcuménisme, mission, relations internationales, jeunesse, œuvres et mouvements, communication (radio, presse écrite, Internet…), FPF. Apparaissent ainsi trois grands domaines de dépenses : le corps pastoral, les activités et actions communes, la gestion administrative.
Une responsabilité partagée
La vie de cet ensemble, au-delà d’une même foi partagée, repose sur une organisation par la répartition des responsabilités qui nécessite une « irrigation financière » contrôlée par les Synodes régionaux et national.
L’Église locale accueille et héberge son pasteur, organise et anime la vie de sa paroisse autour de l’annonce de l’Évangile et à travers diverses activités, entretient son temple… D’où des dépenses locales.
Chaque Région assure la rémunération des pasteurs appelés par les Églises locales qui sont dans son ressort. Elle organise et met en place des activités ou services à la disposition des Églises locales et met aussi en œuvre la solidarité entre les Églises locales.
L’Union nationale a la responsabilité de la formation et du recrutement des pasteurs. Elle est l’employeur administratif unique et à ce titre centralise la gestion (bulletins de paie, déclarations, paiement des cotisations sociales…). Elle prend en charge les pasteurs en retraite. Enfin elle finance les actions communes qui sont de son ressort.
Une irrigation financière
Les dépenses qui relèvent des Régions et l’Union sont couvertes par les contributions appelées « cibles » sur lesquelles s’engagent les Églises locales et votées en Synode. Elles correspondent en moyenne aux deux tiers des dons des paroissiens, le tiers restant couvrant les dépenses locales.
Le corps pastoral (en formation, en activité ou à la retraite) représente environ 56,2 % des dépenses totales ; dont 22,6 % est à la charge directe des Églises locales, 50,2 % à la charge des Régions et le solde, 27,2 %, de l’Union.
L’arrivée au ministère d’un nombre d’étudiants en théologie en augmentation d’environ 50 % par rapport aux années antérieures, soit quinze à dix-huit pour les deux ans à venir, conduit à espérer une augmentation des contributions de 2 à 3 %. Les actions – activités représentent globalement 31,2 % des dépenses totales dont près de 66,2 % à l’initiative des paroisses, 25,3 % des Régions et le solde soit 8,5 % de l’Union.
Les coûts administratifs de fonctionnement, marginaux, représentent 6,9 % des dépenses totales, la plus grosse part étant supportée par l’Union (79,7 %) en raison de la centralisation administrative de la gestion du personnel rémunéré (paroissial 8,7 % et régional 11,6 %). Enfin la dernière rubrique (5,7 % des dépenses totales) concerne la participation de l’ensemble des Églises à la mission et animation missionnaire (Défap). Ainsi s’exerce le triple engagement du peuple protestant à travers la responsabilité, la solidarité et le partage. Christian Voitellier